La mort du pauvre homme

La pluie grise tout doucement tombe sur ton dernier voyage,
Et toi tu t’en vas simplement discours et sans tapage.
Pour toi, pas d’oraison touchante, pas de larmes et pas de fleurs.
Il faut des monnaies trébuchantes pour habiller le malheur.

Quatres planches mal robotées, voilà ta nouvelle demeure!
Celle que tu viens de quitter n’avait guère été meilleure.
Il faudra bien que tu t’y fasses, alors sans coussins de velours,
Dis-toi que tu as plus de place pour un aussi long séjour.

Tu n’as même pas pris le temps de commencer ton inventaire,
Ou de faire ton testament, car tu n’avais rien sur terre.
Dis-toi que même une valise regorgeant d’or à vingt carats
Ne donnerait pas les devises pour payer dans l’au-delà.
Pardonne-moi si je suis gai, mais au fond cette mort t’arrange,
Avec ce que la vie t’offrait, tu n’as pas perdu au change.
Je te sais bien au chaud sous terre, et plus j’y pense, plus je me dis
Que ton enfer était sur terre, va, on t’attend au paradis!